LA BRÈCHE

Ce n'est pas le pétrole qui a fait le capitalisme

C'est le capitalisme qui est allé chercher le pétrole. Renverser la matrice Jancovici, en quatre temps.

Support de formation interne · Commission Écologie · Août 2026
FAIRE DÉFILER

Le fil conducteur

L'ordre de détermination est inversé

Ce que dit la matrice

  • L'énergie disponible détermine ce que l'on peut produire. Le produit intérieur brut est une fonction de l'énergie consommée.
  • Le charbon a rendu possible la révolution industrielle ; le pétrole a rendu possible le XXe siècle.
  • Nous avons vécu d'un miracle énergétique. Sa fin sera une contrainte subie.
  • L'humanité est passagère de sa dotation énergétique.

Ce que nous disons

  • Ce n'est pas l'énergie qui produit le rapport social. C'est le rapport social qui va chercher l'énergie.
  • La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment ses instruments de production — Manifeste, 1848. Il lui faut donc, à chaque étape, la source qui sert cette accumulation.
  • Le pétrole n'est pas la cause du capitalisme : il en est un moment. Et un moment se dépasse.
  • Les hommes font leur propre histoire pour résoudre des problèmes concrets — ni par opportunité, ni par miracle.
Premier tempsLa ressource ne commande pas.
Deuxième tempsC'est le rapport de production qui commande — et il calcule mal.
Troisième tempsUne décision politique suffit à changer le rythme énergétique.
Quatrième tempsDonc l'erreur est théorique avant d'être écologique.

Reconnaissance préalable

Commençons par ce que nous lui accordons

Une critique qui s'ouvre sur la caricature ne convainc que les convaincus. Nous nommons, nous discutons les énoncés, nous ne discutons pas la personne. Et nous lui accordons beaucoup.

La corrélation énergie–production est réelle

Il n'existe pas de production sans énergie, et le « découplage » vanté par les gouvernements est largement un artefact comptable de la désindustrialisation. Sur ce constat, il a raison contre le discours officiel. Nous contestons le sens de la flèche, pas la corrélation.

L'ordre de grandeur du défi

La transformation exigée par 1,5 °C est une réorganisation complète de l'appareil productif, pas un ajustement marginal. Nous partageons ce diagnostic de magnitude.

Le nucléaire est nécessaire

Nous ne sommes pas antinucléaires. Prolongation du parc à 60-80 ans, EPR2, réacteurs à neutrons rapides, sels fondus : le programme porte une doctrine nucléaire pluraliste et publique à 100 %.

La critique du gaspillage organisé

Publicité, obsolescence programmée, aviation d'agrément, SUV : la dénonciation est juste. C'est sur la cause et sur le remède que nous divergeons — et cette divergence est entière.

Pièce à conviction

Soixante ans de prix et de consommation

Graphique : prix du Brent et consommation mondiale de pétrole de 1965 à 2026, avec les grandes ruptures géopolitiques annotées.
Légendes Cartographie, d'après la Géopolitique des matières premières, Eyrolles, 2025.
La consommation est une droite

De 31 à 102,5 millions de barils par jour en soixante ans. Elle ne réagit durablement à aucun prix.

Le prix est un chaos

Guerres, révolutions, embargos, krachs, pandémie. Chaque secousse est politique, financière ou sanitaire.

Aucun pic n'est géologique

Pas une seule des ruptures de prix de l'histoire n'a été causée par un épuisement des réserves.

L'annonce et le fait

Cinquante ans de pénuries annoncées

Nous ne pratiquons pas la moquerie rétrospective : plusieurs de ces travaux étaient honnêtes, et l'AIE a eu raison en 2010 en datant de 2006 le sommet du brut conventionnel seul. L'erreur n'est pas de calcul. Elle est de catégorie.

1972
Halte à la croissance ?, Club de Rome. 455 milliards de barils de réserves connues. Épuisement calculé : 31 ans à consommation constante, 20 ans à croissance constante, 50 ans même en quintuplant les réserves — soit 2022.
1977
Jimmy Carter, discours à la nation du 18 avril. La production mondiale pourra croître six à huit ans encore, puis la demande dépassera l'offre dans les années 1980, sans autre choix possible.
1998
Campbell et Laherrère, Scientific American. La production conventionnelle mondiale passera son sommet avant 2010.
2005
Rapport Hirsch, département américain de l'Énergie, et Pétrole apocalypse d'Yves Cochet. Le pic est imminent, le monde n'y est pas préparé.
2007
ASPO. Pic mondial de production en 2010.
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la production mondiale entre 1973 et 2026 : de 57 à environ 104 millions de barils par jour.

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de croissance des réserves prouvées mondiales entre 1960 et 2023, à 1 570 milliards de barils.

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milliards de barils de réserves prouvées en 2025, contre 455 estimés en 1972 — après en avoir consommé environ 1 500 dans l'intervalle.

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C'est le nombre de prévisions de pénurie géologique réalisées depuis 1970. Les réserves ne sont pas un stock naturel qui se vide : ce sont les volumes rentables à extraire au prix et à la technique du moment. Une catégorie économique, qui grossit quand le capital investit.

Meadows et al., The Limits to Growth, 1972, tableau des indices de réserve ; American Presidency Project pour le discours de J. Carter ; OPEP, Annual Statistical Bulletin ; Energy Institute. Le Club de Rome présentait ces indices comme des illustrations de l'épuisement exponentiel, non comme des prévisions.


Le contre-champ

Et pourtant, chacun consomme moins qu'en 1979

La consommation individuelle a passé son sommet en 1979, à 5,4 barils par personne et par an. Elle est aujourd'hui à 4,6, en plateau depuis un quart de siècle — soit 15 % de moins qu'il y a quarante-sept ans. Le récit du consommateur toujours plus glouton est faux.

Ce qui a crû depuis 1979 n'est ni la gloutonnerie individuelle ni l'épuisement du sous-sol. C'est le nombre d'êtres humains intégrés au rapport salarial et au marché mondial : 4,4 milliards alors, 8,2 aujourd'hui. La courbe du pétrole est la courbe de l'extension du capitalisme.

Calcul : consommation mondiale (EIA, Energy Institute) rapportée à la population mondiale (ONU). Le repère 2024 recoupe la mesure directe de Worldometer — 0,53 gallon par habitant et par jour, soit 4,6 barils par an.

Le signal détraqué

Sept ans, quatre ordres contradictoires

Le prix est censé porter l'information qui coordonne l'investissement. Voici ce qu'il a transmis à l'industrie la mieux capitalisée du monde. Les deux bandes sont les seuils déclarés par les producteurs américains eux-mêmes : au-dessus de la haute, on fore ; entre les deux, on ne fore plus mais on continue de produire ; sous la basse, on ferme.

28$ / baril
Mars 2020Effondrement de la demande. Le WTI tombe à 28 $ sur la période d'enquête de la Fed de Dallas, et passe brièvement sous zéro le 20 avril.
66 $ — seuil pour forer un puits neuf
32 $ — seuil pour exploiter un puits foré

Prix : WTI pour 2020 et 2025 (Fed de Dallas, EIA), Brent pour 2022 et 2026. Seuils : enquête énergie de la Federal Reserve Bank of Dallas, premier trimestre 2026 — 66 $ en moyenne pour forer un puits rentable, 32 $ pour couvrir les charges d'exploitation d'un puits existant (grandes compagnies).

Avant la guerre

L'excédent le plus important jamais mesuré

Ces chiffres sont antérieurs à la guerre du printemps 2026. Ils décrivent la structure du marché, pas la conjoncture militaire. Un monde qui manque de pétrole ne ressemble pas à cela.

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millions de barils par jour d'excédent projeté pour 2026 — le plus élevé depuis la création de l'Agence internationale de l'énergie en 1974.

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millions de barils par jour d'offre mondiale en 2026, contre 101,6 en 2024. Soit + 4,5 %.

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milliers de barils par jour de croissance de la demande en 2026. Quatre fois moins vite que l'offre.

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part de marché de l'OPEP, passée sous ce seuil pour la première fois de son histoire.

En 2025, l'OPEP+ abandonne délibérément la défense du prix pour la reconquête du volume. Les détenteurs de la rente ont acté, avant tout le monde, que la demande allait plafonner : ils accélèrent l'extraction pour monétiser un actif menacé d'échouement.

AIE, Oil Market Report octobre 2025 et janvier 2026 ; AIE, Oil 2025 ; communiqués OPEP+ 2025.

L'anarchie de la production

L'investissement suit le prix, jamais la demande

Investissement amont mondial dans le pétrole et le gaz, en milliards de dollars par an. Le capital obéit au signal, avec un délai de gestation de trois à cinq ans qui garantit que chaque signal est déjà périmé quand la capacité entre en service.

2020

Effondrement Covid. L'investissement amont chute de 35 % en une année.

2022

Guerre en Ukraine. Le résultat net des producteurs mondiaux double, à 4 000 milliards de dollars. Les dépenses bondissent de 39 %, plus haut niveau depuis 2014.

2025

La demande ne valide pas. Première baisse de l'investissement pétrolier depuis 2020, la plus forte depuis 2016. Investissement en raffinage au plus bas depuis dix ans.

Quatre trimestres de contraction pendant que le prix stagne sous le seuil de forage — puis un retournement brutal dès que la guerre relève le signal. Le capital n'anticipe pas : il réagit, avec trois à cinq ans de retard sur la capacité qu'il met en service.

AIE, World Energy Investment, millésimes 2023 à 2025 ; IEF / S&P Global (séries révisées d'une édition à l'autre : à lire en ordres de grandeur) ; Federal Reserve Bank of Dallas, Energy Survey, T2 2025 à T1 2026.

Pourquoi l'offre ne se retire pas

Le puits est foré. Le coût est irrécupérable.

66 $

Prix du baril nécessaire pour forer un nouveau puits de façon rentable — 67 $ dans le bassin permien. Le WTI a tourné à 63,80 $ au troisième trimestre 2025.

32 $

Prix nécessaire pour couvrir les seules charges d'exploitation d'un puits déjà foré, pour les grandes compagnies. 46 $ pour les petites.

Le baril marginal n'est plus rentable à la marge de l'investissement, mais il l'est massivement à la marge de l'exploitation. Le capital continue de produire, alimente lui-même l'excédent qui déprime le prix, et ne peut plus se renouveler.

La production américaine s'est maintenue à 13,4 millions de barils par jour en 2025, en hausse de 2,2 % sur un an, malgré une chute de 21 % du prix moyen. La surcapacité n'est pas un déséquilibre passager que le marché corrigerait : elle est auto-entretenue par la structure même du capital fixe.

Federal Reserve Bank of Dallas, Energy Survey, T1 2025, T3 2025 et T1 2026 ; EIA. Formulation marxienne : le prix de marché s'installe durablement au-dessus du prix de revient et sous le prix de production — Le Capital, livre III.

28 août 2026

Quand le calcul échoue, la force prend le relais

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milliards de barils vénézuéliens passent sous contrôle majoritaire américain.

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champs stratégiques ouverts au capital privé américain.

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milliards de dollars d'investissement privé annoncés par Washington.

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milliards de barils de réserves prouvées : les premières du monde.

Plus bas niveau depuis novembre 1982. Washington a couvert le choc de guerre en brûlant son stock, puis l'a compensé par une saisie externe.

Les États-Unis ne manquent pas de pétrole

Leur production est à un record historique. Ce qui leur manque n'est pas le brut : c'est le brut bon marché. Leur baril est le plus cher du monde, et dans un marché qui bascule en excédent, seul le baril le moins cher survit.

La force se substitue au calcul défaillant

Incapable de gagner la guerre des coûts par le marché, le capital américain fait prendre les réserves par l'État. Lénine, 1916 : le partage territorial du monde entre les puissances est la suite du partage entre les monopoles. Ce n'est pas une déviation du marché, c'en est l'achèvement.

Si la contrainte était géologique, personne n'aurait besoin d'aller la chercher par la force. La rareté du pétrole est une rareté de barils rentables : une catégorie sociale, pas une donnée du sous-sol.

AFP, 28-29 août 2026 ; déclarations de D. Rodríguez et M. Rubio ; EIA pour la réserve stratégique américaine. Séquence très récente : les qualifications juridiques de l'opération de janvier 2026 restent disputées, s'en tenir aux éléments annoncés officiellement.

Chine, année 2025

Ce qui était réputé impossible a eu lieu en douze mois

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de solaire installés sur la seule année 2025.

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d'éolien installés dans la même année.

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de capacité solaire cumulée : une première mondiale.

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de la capacité électrique installée est non fossile, contre 39,6 % de thermique. Bascule historique.

Aucune découverte, aucune rupture technologique en 2025. Un plan a été exécuté. La Chine a ajouté environ 540 GW nets en douze mois, huit fois les ajouts américains, toutes technologies confondues. La vitesse de déploiement énergétique est une variable de décision politique, pas une donnée physique.

Le pétrole recule déjà

La consommation chinoise d'essence a piqué en 2023 à 3,7 Mb/j, acté par les compagnies d'État elles-mêmes. Essence, gazole et kérosène combinés étaient en 2024 à 2,5 % sous leur niveau de 2021.

Les véhicules électriques mordent

Le parc mondial a déplacé plus d'un million de barils par jour en 2024. L'AIE en projette plus de cinq millions d'ici 2030, dont la moitié pour la seule Chine.

Le rythme est politique

Deux tiers des voitures électriques vendues en Chine en 2024 étaient déjà moins chères que leur équivalent thermique, sans subvention. La vitesse de déploiement est une variable de décision, pas une donnée physique.

National Energy Administration (Chine), données 2025 ; EIA pour les États-Unis ; AIE, Global EV Outlook 2025 et Oil 2025 ; Oxford Institute for Energy Studies, Insight 167, 2025, pour le scénario central 2030.

Nous sommes d'accord — mais pas sur l'échelle

Le nucléaire est nécessaire. Il ne suffira pas seul.

Notre position est publique et constante : prolongation du parc existant à 60-80 ans, programme EPR2 assumé et accéléré, réacteurs à neutrons rapides et sels fondus en recherche publique, filière intégralement publique et sans actionnaire. La production nucléaire mondiale a atteint un record historique en 2025 et nous nous en félicitons.

Les facteurs de charge diffèrent radicalement : 315 GW de solaire ne sont pas 315 GW pilotables. C'est précisément pourquoi les deux filières sont nécessaires.

Le nucléaire est un pilier. Il n'est pas un substitut au rythme de déploiement dont la décennie a besoin. Refuser cette arithmétique, c'est transformer une préférence technologique en obstacle à la décarbonation.

AIEA, avril 2026 ; National Energy Administration (Chine) ; AIE, Electricity Mid-Year Update 2025.

Trois bascules énergétiques, trois décisions

Aucune de ces bascules n'a été causée par l'énergie

1830-1850
De l'eau à la vapeur
L'Angleterre abandonne l'énergie hydraulique pour le charbon alors que l'eau est abondante et moins chère. La vapeur l'emporte parce qu'elle permet de concentrer la production dans les villes, là où la main-d'œuvre est disponible et disciplinable. Le passage au fossile est une décision sur le rapport salarial, pas une contrainte physique.
1974-1990
Le programme nucléaire français
Aucun gisement d'uranium n'est apparu en 1974. Une décision d'État, exécutée par un monopole public planifié, met en service plus de cinquante réacteurs et transforme le mix énergétique d'un pays en quinze ans.
2025
Le solaire chinois
315 GW installés en douze mois, bascule des sources non fossiles au-dessus du thermique. Aucune découverte, aucune rupture technologique cette année-là. Un plan a été exécuté.

« Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux. » Les conditions sont données ; ce qui s'en fait est humain. La matrice adverse garde la première moitié de la phrase et supprime la seconde.

Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 1852, et Préface à la Contribution à la critique de l'économie politique, 1859. Le premier cas s'appuie sur la démonstration historique d'Andreas Malm, Fossil Capital, 2016, mobilisé pour l'établissement des faits et non comme fondation conceptuelle : la fondation reste Marx, Le Capital I, chapitres 13 à 15.

Le fond du désaccord

Quatre défauts de construction

Le premier commande les trois autres. C'est parce que l'énergie est posée comme cause première que la propriété disparaît du raisonnement, et que la seule politique qui reste est celle des gestes individuels.

Inverser l'ordre de détermination

Faire de l'énergie la cause et du rapport social l'effet, c'est prendre l'instrument pour le moteur. Le capital ne s'est pas mis à accumuler parce qu'il avait trouvé du charbon : il a trouvé du charbon parce qu'il devait accumuler.

Naturaliser une contrainte sociale

La contrainte est présentée comme une donnée physique éternelle. C'est la matrice malthusienne, critiquée frontalement par Marx et Engels dès 1844-1847 : elle masque le caractère historique et social de contraintes qui sont des produits du mode de production, non des lois de la nature.

Aucune théorie de la propriété

Le raisonnement porte sur des flux d'énergie, jamais sur qui possède l'appareil productif ni sur qui décide de l'investissement. Faute de ce chaînon, les solutions retombent mécaniquement sur le comportement individuel et sur la taxe carbone.

Une sobriété sans classe

« Nous » consommons trop. Mais en France, les 1 % les plus riches émettent 28 fois plus de CO₂ que les 50 % les plus modestes. Une sobriété indifférenciée, c'est la restriction subie pour les uns et l'opulence préservée pour les autres.

WID-Lab, 2023, pour les émissions par décile en France.

Synthèse

Trois colonnes pour tenir le débat

Cinq énoncés, trois lectures. Basculez d'une colonne à l'autre.

Ce que nous opposons

Quatre mouvements, simultanés

Socialiser

L'énergie, le raffinage, la distribution en pôle public intégré. Aucun arbitrage sur le prix d'un bien de première nécessité ne peut rester une décision discrétionnaire d'actionnaire.

Planifier

En valeurs d'usage, sur chaînes intégrées, avec cogestion paritaire. La décision d'investissement de long terme sort du signal-prix, parce que le signal-prix a démontré qu'il ne calcule pas.

Décommodifier

Extension maximale de la gratuité : transports, énergie de subsistance, mobilité quotidienne. La sobriété subie disparaît quand l'accès est garanti.

Électrifier

Nucléaire public, renouvelables, relocalisation productive. Rapatrier des barils déjà consommés ailleurs, au lieu de les déplacer et d'appeler cela une baisse.

Le pétrole n'a jamais fait notre histoire. Il manque un sujet politique capable de décider de s'en passer.